Motten Morvan à Saint-Aignan (Morbihan) – Résultats de la campagne de fouilles archéologiques 2025

Depuis 2020, le Cabinet d’Études Historiques collabore avec l’association Timilin, gestionnaire du site élitaire fortifié de Motten Morvan, à Saint-Aignan, dans le Morbihan. Ce travail de recherche archéologique s’est concrétisé en 2020 par une première campagne de sondages, puis deux campagnes de fouilles archéologiques programmées, en 2021 et en 2025.

 Les données collectées au cours de la campagne 2025 permettent de confirmer l’hypothèse émise depuis 2020, à savoir deux phases d’occupation, dont une avec potentiellement deux sous-phases . Ce constat peut désormais s’appuyer sur les datations radiocarbones mais aussi sur la stratigraphie mise en évidence en 2025, beaucoup plus évocatrice que pour les campagnes 2020 et 2021.

Compilation des datations par radiocarbone obtenues depuis 2020, proposition de phasage et principaux faits historiques connus dans le secteur.

La première phase correspond à l’occupation de l’enceinte, entre la fin du VIIIe et le début du Xe siècle.

À partir des datations radiocarbone mais aussi des observations stratigraphiques réalisées dans le sondage B, on peut considérer que la seconde phase d’occupation du site comprend deux sous-phases :

-La motte (et probablement son fossé périphérique) est érigée au cours de la sous-phase 2a, entre la fin du Xe et le milieu du XIe siècle. L’enceinte est sans doute occupée à cette période, tandis qu’aucune occupation n’est attestée sur le sommet du tertre.

– Le fossé de la motte est peut-être comblé (si l’on en croit les observations stratigraphiques, cependant limitées) au cours de la sous-phase 2b, tandis que l’enceinte continue d’être occupée (XIe-XIIe siècle).

Fossé de la motte (5092), fossé secondaire (5087) et structure semi excavée associée (5107).

 La complexité du comblement du fossé de la motte dans la partie orientale de l’aire de fouille, associée à un petit fossé secondaire et à des aménagements particulier prenant la forme d’un semi dense de trous de piquets incitent à émettre l’hypothèse d’une occupation spécifique de cet espace, peut-être en lien avec un moyen de franchissement permettant d’accéder à la plateforme du tertre.

Les relevés microtopographiques réalisés en 2009 par Lucie Jeanneret mettent d’ailleurs en évidence un replat triangulaire du talus plus à l’est, en dehors de l’aire 5, qui aurait pu accueillir un tel moyen de franchissement, tout en étant bien protégé par les talus, le fossé ceinturant le site et le relief escarpé du promontoire sur lequel il est installé.

Le rapport complet est disponible ici 👉

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