La chapelle de Locmaria à Ploemel est un… prieuré hospitalier !

Contacté par la commune de Ploemel (Morbihan), en vue d’un projet de restauration de la chapelle de Locmaria, nous avons réalisé une étude documentaire ainsi que des observations poussées sur les élévations existantes (le choeur a été détruit au XIXe siècle) afin de déterminer l’histoire de l’édifice et son évolution au cours du temps.

La chapelle de Locmaria est notamment connue pour abriter une magnifique plate-tombe de Pierre de Broërec, datée du XIVe siècle grâce à une inscription sur celle-ci, et pour une légende locale, qui voudrait en faire un édifice templier 😉

L’observation du bâtiment permet de mettre en évidence de nombreux travaux ayant touché les murs périphériques, tandis que l’intérieur de l’édifice semble relativement homogène. On peut situer la phase de construction dans la seconde moitié du XIVe siècle, grâce à la date présente sur la plate-tombe de Pierre de Broërec, mais également grâce à la charpente armoricaine qui couvre encore la chapelle et semble avoir été peu modifiée. Même s’il demeure, en l’état actuel des recherches, impossible d’établir un phasage définitif et précis, la documentation d’archives permet de proposer plusieurs jalons pour les phases de réparations de la chapelle. La première est à situer dans les premières années du XVIIIe siècle, à la suite de la demande de l’évêque de Vannes de restaurer la chapelle de Locmaria, alors partiellement ruinée. M. Cayot-Délandre permet de placer vers 1820-1825 la destruction du chœur et la restructuration de l’espace cultuel qui en a découlé. Le vicaire Collet situe également des réparations réalisées par Armand Le Bouleis vers 1870-1880. Et enfin, la dernière phase de réparation concerne la couverture, réalisée à la fin des années 1970.
Sur le plan historique, la découverte majeure mise en évidence par l’étude documentaire est que la chapelle de Locmaria est d’origine priorale et rattachée à l’Ordre hospitalier du Saint-Esprit (fondé à Montpellier au XIIe siècle et possédant un hôpital très important à Auray, à quelques kilomètres de Locmaria). La poursuite des investigations en ce sens permettrait peut-être de retrouver des documents plus précis et plus anciens concernant la chapelle, dans le but de répondre aux nombreuses questions soulevées par cette découverte.

Les recherches permettent de mettre en évidence que l’histoire de la chapelle de Locmaria, chapelle dont le simple aspect extérieur pourrait la faire passer pour anodin, est pourtant riche, pleine de rebondissement, illustre la sociabilité locale, tant laïque qu’ecclésiastique, entre la fin du Moyen Âge et le XXe siècle et, en ce sens, mérite pleinement d’être protégée et mise en valeur.

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La chapelle de Locmaria, état en février 2017. Vue depuis le sud (cliché : V. Leman)

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La pierre tombale de Pierre de Broërec, portant la date de 1340 (cliché : L. Jeanneret)